‹ Histoire de La Gaule, sous la domination romaineChapitre 196 sur 454 · LIVRE VII. — CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE VII. — CHAPITRE I

« de sacrifier honteusement la liberté et la gloire que 52 « nous avons héritées de nos pères1?» Ensuite on prodiguait les éloges et les promesses à celle des cités qui lèverait la première l'étendard, et donnerait le signal2. Mais cette mission périlleuse, toutes hésitaient à s'en charger.

Les Carnutes enfin l'acceptèrent. Plus maltraités que la plupart des autres nations, ils étaient impatients de se venger. Mais en s'exposa nt aux premiers périls, ils exigèrent que la confédération s'engageât irrévocablement à les soutenir; comme on n'osait pas s'entre-donner des otages de peur d'éveiller l'attention des marchands et des autres espions étrangers, il fut convenu que les cités conjurées prêteraient, sur les enseignes militaires, serment de fidélité à la ligue de délivrance. Un tel serment était, chez ces peuples, le lien le plus inviolable, le gage le plus solennel de tout pacte politique3. Au fond de quelque vieille forêt, dans quelque lieu désert, consacré sans doute aux mystères du culte, furent réunis furtivement les étendards des cités gauloises, et sur ce faisceau sacré, chaque député vint prononcer à son tour l'engagement éternel de haine aux Romains, de dévouement à la liberté de la Gaule. Le courage des Carnutes fut comblé d'éloges4. On délibéra

1. Postremo in acie prœstare interfici, quam non veterem belli gloriam libertatemque, quam a majoribus acceperint, recuperare. Cses., Bell. Gall., vu, 1.

2. Omnibus pollicitationibus ac prœmiis deposcunt, qui belli initium faciant, et sui capitis periculo Galliam in libertatem vindicent. Id., ibid.

3. Quoniam in prœsentia obsidibus inter se cavere non possint, ne res efferatur, petunt, collatis militaribus signis (quo more eornm gravissimae caerimoniae continentur), ne, facto initio belli, ab reliquis deserantur. Id., ibid., 2.

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