Collaudatis Carnutibus. Id.. ibid
aussi sur les mesures d'urgence; l'époque où devait éclater la guerre fut fixée, et l'assemblée se sépara. On se mit alors, chacun dans son canton, à garnir les places fortes d'armes et de vivres, à organiser la population des campagnes; puis on attendit avec anxiété l'effet des promesses des Carnutes.
Le jour fatal avait à peine commencé à poindre qu'une troupe de paysans carnutes, conduite par deux chefs, Cotuat et Gonétodun, se porta sur Génabum, la seconde ville du territoire. Génabum, comme on sait, était située sur la Loire, au sommet de cette courbure formée par le fleuve, lorsque, après avoir coulé du midi au nord, il se détourne dans la direction de l'est à l'ouest : sa position centrale et la commodité de son port en avaient fait de bonne heure l'un des grands entrepôts du commerce entre la Méditerranée et l'Océan1. Depuis l'arrivée de César, une foule de marchands étaient venus s'y établir de l'Italie et de la province narbonnaise, et, sous la protection des aigles romaines, s'emparant de lout le négoce, avaient amassé d'immenses richesses. Les habitants de Génabum ne les voyaient dans leurs murs qu'avec haine et jalousie. Sitôt que les bandes de Cotuat et de Conétodun parurent aux portes de la ville, ils prirent les armes, tombèrent sur ces marchands, les massacrèrent, et pillèrent leurs propriétés2. Dans le nombre des Romains qui périrent se trouva un chevalier, C. Fusius Cotta, que César avait chargé de pourvoir aux achats de grains. Telle fut la sanglante déclaration adressée par la Gaule aux légions étrangères. La nouvelle, criée dans les