‹ Histoire de La Gaule, sous la domination romaineChapitre 3 sur 454 · Posid., ap. Strab., 1. vu, p · texte numérisé non relu

Posid., ap. Strab., 1. vu, p

« si les Romains avaient des droits sur ce pays, elle por- « terait ailleurs ses conquêtes. » La modération de ce message enhardit le général romain : afin de terminer la guerre promptement et d'un seul coup, il imagina une de ces ruses dont sa nation n'était point avare , mais qu'elle qualifiait, chez ses ennemis, de perfidie et de foi punique. Il combla de caresses les envoyés kimris, affirmant qu'il ne désirait point la guerre, et qu'il était complètement satisfait des dispositions pacifiques de leurs frères. Ensuite, sous prétexte de les ramener à Noréia par un chemin plus court et meilleur que celui qu'ils venaient de parcourir, il leur donna des guides qui les égarèrent. Cependant, sans Un instant de relard, il fit prendre les armes à ses légions, se mit en marche, et tomba à l'improviste, au milieu de la nuit, sur le camp des assiégeants. Quoique surpris, et cernés entre deux armées, ceux-ci soutinrent l'attaque avec vigueur; le combat dura toute la nuit et à leur avantage ; lorsque le jour parut, aucun des Romains n'aurait échappé sans un violent orage qui protégea leur fuite *.

Cette victoire livrait à la horde l'entrée de l'Italie, néanmoins elle n'osa pas y pénétrer. Continuant ses courses dans l'Ulyrie, elle la ravagea en tous sens, depuis l'Adriatique jusqu'au Danube, et depuis les Alpes jusqu'aux montagnes de la Macédoine et de la Thrace. Au bout de trois ans, chargée de dépouilles, elle revint sur ses pas-, et parle cours supérieur du Rhin, elle entra dans les vallées des Alpes helvétiques 2.

L'Helvétie, comme on sait, embrassait le territoire

1. Strab., 1. v, p. 214. — Liv. epit., lxvii. — Paterc, n, 8-12.

2. Strab., 1. v, p. 214. — Paterc, n, 8-12. — Liv. epit., lxvii. Tac, Germ.,37. — Quint., Declam. pro mil. Marii.

Page 1