‹ Histoire de La Gaule, sous la domination romaineChapitre 204 sur 454 · LIVRE VII. —CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE VII. —CHAPITRE I

maines. Il se détourna de sa route, et le second jour après son départ de Yellaudunum, il campa au soleil couché devant Génabum. Les habitants avaient commencé à se fortifier, à réunir des provisions, à rallier dans la ville les milices des campagnes ; mais le temps leur manqua pour achever. Désespérant de soutenir l'assaut du lendemain, ils résolurent de se retirer pendant la nuit sur la rive gauche de la Loire, en coupant le pont1 derrière eux; la profondeur du fleuve, grossi alors par les neiges et couvert de glaçons, était un rempart suffisant contre la poursuite de l'ennemi2. Vers minuit donc, ils sortirent en silence, et se mirent à traverser le .fleuve. Mais à peine les premiers avaient- ils touché l'autre bord, que César, averti parles vedettes, fit sonner l'assaut ; les légions s'approchèrent des portes, les rompirent à coups de hache ou les brûlèrent, et se précipitèrent dans la ville. La multitude embarrassée sur le pont et dans les rues étroites fat massacrée presque sans résistance; peu de fuyards purent échapper 3. Les maisons furent pillées et réduites en cendres ; des flots de sang gaulois lavèrent le meurtre de Fusius Cotta et des marchands romains ; et ce qu'épargna la lassitude du vainqueur fut traîné le lendemain, garrotté, parmi les bagages et les bêtes de somme. César passa la Loire et se porta droit sur Noviodunum4 des Bituriges. Effrayés par l'exemple de leurs voisins, les habitants de

1. Oppidum Genabum pons fluminis Ligeris continebat. Caes., Bell. Gall., vu, 11.

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