‹ Histoire de La Gaule, sous la domination romaineChapitre 206 sur 454 · LIVRE VII— CHAPITRE I. 2j · texte numérisé non relu

LIVRE VII— CHAPITRE I. 2j

La vue des drapeaux gaulois rendit l'espoir aux habi- 53 tants: ils ressaisirent leurs armes, et commencèrent à barricader les portes, à se presser sur les remparts ' : le tumulte et les cris donnèrent l'éveil aux centurions, qui, mettant l'épée à la main, s'emparèrent d'une des portes, et parvinrent, ainsi que leur escorte, à sortir de la ville.

La cavalerie gauloise, emportée par une imprudente ardeur, avait devancé de beaucoup le gros de l'armée; la cavalerie romaine s'avança à sa rencontre. L'engagement fat vif: quoiqu'une longue marche eût fatigué les Gaulois, ils rompirent et dispersèrent les escadrons ennemis. César envoya, pour soutenir les siens, un corps de Germains qu'il avait pris à sa solde pendant la dernière campagne; les Romains se rallièrent alors, l'avantage passa de leur côté, et les cavaliers arvernes se replièrent sur leur armée, laissant quelques morts derrière eux. Ce combat d'avant-garde eut lieu assez loin de la ville pour que les assiégés ne distinguassent pas exactement ce qui s'y passait. La retraite précipitée des cavaliers gaulois et les cris de victoire de l'ennemi leur firent penser que Yercingétorix avait éprouvé quelque grand échec. Désespérés, ils ouvrirent leurs portes, et dès le soir même les enseignes romaines flottèrent sur les remparts de Noviodunum -.

Ce nouveau revers acheva d'éclairer le chef arverne sur les inconvénients d'une guerre méthodique; il comprit que ses bandes, ardentes, intrépides, mais mal rompues à la sévérité de la discipline et à. l'unité du commandement, auraient toujours le dessous, à égalité

1. Clamore sublato, arma capero, portas claudere, munira complexe cœperunt. Ca;s., Bell. Gall., vu, 12.

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