Aujourd'hui Bourges
2G0 HISTOIRH DES GAULOIS.
52 poussant des cris lamentables, ils conjurèrent les chefs d'avoir pitié de leur ville : « Ne nous forcez point, diu saicnt-ils, à brûler de nos propres mains Avaricum, « l'ornement et la sûreté de notre pays, la plus belle ville « de toute la Gaule1! » Exaltant ensuite sa force, entourée qu'elle était presque de tous côtés par la rivière et par des marais, ils protestaient de la défendre jusqu'à la mort et de la sauver. Le conseil céda à leurs supplications, d'abord contre la volonté, ensuite du consentement de Vercingétorix, vaincu lui-même parles larmes et le désespoir de ces pauvres gens. Il les renvoya donc dans la place avec une garnison d'élite.
De toutes les villes dont le camp romain était naguère environné, Avaricum seule restait debout. Pour ne point laisser derrière lui une place à laquelle les Gaulois semblaient attacher de l'importance, et qui contenait des approvisionnements abondants, César résolut de s'en emparer. Il vint 'asseoir son camp dans un intervalle étroit, compris entre la rivière d'Auron et l'un des côtés delà ville; sur tous les autres points, la rivière ou de vastes étangs étaient contigus au pied des murailles. Comme la nature du lieu ne permettait point de pratiquer une circonvallation, il fit tout de suite élever la terrasse, dresser les mantelets et construire les tours d'attaque. Vercingétorix, attentif à tous les mouvements de l'armée romaine, la suivait par des marchés courtes et rapprochées; il prit position dans un lieu entouré de bois et d'eau, à seize milles d'Avaricum, où ses espions communiquaient à chaque instant du jour, au moyen
1. Ne pulcherrimam prope totius Gallire urbern, quœ et proosidio et ornnmento sit civitati, suis manibus succendere cogerentur. Cœs., Bell. Gall., vu, 15.