‹ Histoire de La Gaule, sous la domination romaineChapitre 220 sur 454 · LIVRE VII. — CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE VII. — CHAPITRE II

huis clos, au mépris de toutes les lois, au mépris surtout de la loi qui défendait que le parent d'un vergobret lût vergobret pendant la vie de son parent, ou même siégeât en même temps que lui dans le sénat1. Le sénat était partagé, les citoyens partagés; on prenait déjà les armes; la guerre civile était imminente : quelques amis de la paix se rendirent en toute hâte auprès de César, pour réclamer son intervention.

César se trouvait encore dans Avaricum lorsque ces nouvelles lui parvinrent; il en sentit toute la gravité; il sentit que, si la lutte s'engageait, un des deux partis appellerait infailliblement Vercingétorix à son secours; qu'il importait donc à l'intérêt des Romains d'apaiser le plus tôt possible ces dissensions. Comme la constitution du pays interdisait au vergobret de sortir de la cité, César résolut de s'y rendre lui-même, afin de paraître se conformer aux usages 2. D'ailleurs le moment était peu favorable pour exercer les droits insolents qu'il s'était arrogés, de citer à son tribunal les peuples et les chefs, de casser les magistrats, de bouleverser les constitutions. Arrivé à Décésia3, où le sénat et les contendants s'étaient rendus, il parla, non en maître, mais en arbitre. Il se lit informer des moindres circonstances de la double élection, et, quelque penchant qui le portât à favoriser les usurpations aristocratiques, quelque soupçon qu'il eût que Convictolitans était son ennemi, il

1 . Quum leges duos ex una familia, vivo utroque, non solum magistraux creari vetarent, sed etiam in senatu esse prohibèrent. Cœs., Bell. Gall., vn, 33.

2. Quod legibus yEduorum, ils, qui summum magistratum obtinerent, excedere ex finibus non liceret, ne quid de jure aut de legibus eorum deminuisse videretur, ipse in iEduos proficisci statuit. Id., ibid.

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