LIVRE VIL — CHAPITRE IL
mencement, ils avaient placé un poste sur la colline, sans 53 la fortifier, se fiant à la difficulté du terrain et aussi à ce que les Romains paraissaient diriger leurs efforts exclusivement du côté opposé. Mais, depuis l'établissement du petit camp, Vercingétorix craignit qu'ils ne cherchassent à s'emparer également de cette seconde position, et que, dominant par là les deux principales routes, sur les deux revers, ils ne réussissent à former le blocus ; quelques mouvements aperçus dans leur camp lui avaient fait soupçonner que tel était le plan de César. Il s'était donc hâté de fortifier la colline par des retranchements, à la manière romaine, et, tous les jours, une partie de son armée était employée aux travaux. César jugea que ces informations n'étaient pas à négliger l.
Vers le milieu de la nuit, il envoya une partie de sa cavalerie du côté de la colline, avec ordre de battre la plaine à quelque distance, et de faire autant de tumulte qu'il serait besoin pour donner l'éveil aux Gaulois. Au point du jour, d'autres escadrons partirent du camp dans la même direction, grossis par les valets de l'armée qui, montés sur leurs mulets harnachés, ressemblaient de loin à de la cavalerie. Bientôt une légion sortit enseignes déployées, et marcha vers le petit bois où elle devait faire halte, Vercingétorix alors crut ses prévisions vérifiées ; il porta ses troupes vers le point qu'il jugeait menacé et s'y rendit lui-même, laissant son camp presque désert -.
C'est là ce qu'attendait César. Tandis que les manœuvres des cavaliers et la marche de la légion occupaient et trompaient tous les yeux, la foule entassée sur les mu-