Id., ibid
288 HISTOIKE DES GAULOIS.
s railles de Gergovie ne remarqua point que les troupes romaines passaient du grand camp dans le petit. César, pour rendre le trajet plus secret, avait fait baisser les enseignes et enlever les panaches. Arrivé dans le petit camp, il explique son plan d'attaque aux lieutenants de chaque légion, leur recommande de soutenir le soldat dans la marche, le désavantage du terrain ne pouvant se compenser que par l'ensemble et la vivacité de la manœuvre, car c'est une surprise qu'il tente plutôt qu'un combat. 11 laisse une légion, comme corps de réserve, dans le petit camp, envoie l'infanterie éduenne un peu plus vers la droite, par un autre chemin, et commence à monter avec quatre légions. En peu d'instants, il atteint le retranchement élevé à mi-côte par les Gaulois, le franchit, pénètre dans leur camp et s'en empare : l'attaque fut si vive, que Teutomar, roi des Nitiobriges, surpris dans sa tente, faisant la méridienne, fut obligé de se sauver à moitié nu, eut son cheval blessé, et n'échappa qu'avec peine aux Romains qui pillaient son camp l. Les Gaulois, repoussés en désordre, coururent se rallier autour de la ville.
Tout allait bien pour les Romains. Trois légions continuèrent à monter : César, avec la dixième qu'il commandait en personne, s'arrêta pour observer la marche du combat 2. Les assaillants arrivèrent sans obstacle à l'es-
1. Tanta fuit in capiendis castris celeritas, ut Theutomatus (Theutomarus), rex Nitiobrigum, subito in tabernaculo oppressus, ut mendie conquievevat, superiore corporis parte nudata, vulnerato equo, m se ex manibus prœdantium militum eriperet. Caes., Bell. Gall., vu, 46.
2. César prétend (ibid., 47) qu'il n'avait voulu faire qu'une fausse attaque sur la ville, et qu'après la prise du camp de Teutomar, il fit sonner la retraite : mais les détails mêmes de sa narration, confirmés par les témoignages cie tous les autres historiens, prouvent suffisamment
.,'1 tenta une attaque sérieuse et qu'il fut battu.