‹ Histoire de La Gaule, sous la domination romaineChapitre 231 sur 454 · LIVRE VII. — CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE VII. — CHAPITRE II

planade qui couronnait la montagne, et bientôt tou- 54 obèrent aux murs de la place. Les postes étaient en grande partie vides par suite de la concentration des forces vers le côté opposé; une multitude désarmée, des enfants, des femmes, encombraient le rempart.

Sitôt qu'ils virent les camps forcés et l'ennemi arrivant au pas de course, l'épouvante s'empara d'eux, et des cris lamentables remplirent la ville ; ceux qui étaient à l'autre extrémité crurent même que tout était perdu, et s'élancèrent du haut en bas des murailles. Les femmes jetaient aux Romains leur or, leurs bijoux, leurs vêtements les plus précieux, comme à des brigands dont on veut adoucir la férocité. Plusieurs se faisaient descendre par les mains et se rendaient prisonnières dans l'espoir d'être épargnées. D'autres leur criaient, les bras étendus, et le sein découvert ; « Ne nous traitez pas comme les femmes d'Avaricum ! Ayez pitié de nos enfants * ! » Mais le nom même d'Avaricum et les souvenirs de cette ville • infortunée ne faisaient qu'irriter dans le cœur des assiégeants la soif du meurtre et du pillage. Le centurion de la huitième légion, nommé L. Fabius, dit en élevant la voix « que les prix distribués après l'assaut d'Avari- « cuni lui donnaient le désir d'en gagner d'autres2, et a qu'il prétendait bien que personne ne le devancerait « sur les remparts. » Il prit trois soldats déterminés et se fit soulever par eux; la muraille était basse, il la gravit sans beaucoup de peine et aida ses compagnons à le rejoindre. L'escalade commença de toutes parts, et le sort de Gergovie parut irrévocable.

1. Neu, sicut Avarici fecisscnt, ne mulieribus quidem atque inl'autibus abstinerent. Cœs., Bell. Gall., vu, 47.

Page 1