Excitari se avaricensibus prœniiis. Id., ibid
ii. 17
52 Cependant la scène changea bientôt. La garnison, dispersée par les premiers cris d'alarme, avait eu le temps de se reconnaître; elle accourut sur le point menacé, parvint à contenir les assaillants, et le combat se rétablit. Les femmes, qui tout à l'heure étaient réduites à implorer la pitié d'un vainqueur, maintenant encouragent leurs maris et leurs frères; elles leur montrent leurs enfants, elles les conjurent de sauver la patrie l. Cependant la cavalerie de Vercingétorix arrive à toute bride, charge les légions en flanc et les culbute : le chef la suit de près avec l'infanterie. Les Romains, pressés contre la muraille d'où les pierres et les traits pleuvent sur eux, éprouvent de grandes pertes; fatigués de la course et de la durée du combat, ils se soutiennent à peine contre des troupes fraîches. Le centurion Fabius et tous ceux qui avaient escaladé comme lui sont massacrés, et leurs cadavres précipités sur les têtes de leurs compagnons. César, voyant les siens dans une situation si critique, envoie à la réserve l'ordre d'avancer sur son flanc gauche, pour protéger la retraite. Lui-même se porte un peu en avant avec la dixième légion.
Sur ces entrefaites parurent, sur le flanc droit des Romains laissé à découvert, les auxiliaires éduens qui, suivant leurs instructions, avaient gravi ie coteau ; ils ressemblaient en tout point aux assiégés, par les armes et l'équipement; seulement ils avaient en signe d'amitié, d'après l'usage du pays, le bras droit nu jusqu'à l'épaule2. Ce signe, connu des Romains, ne les rassura pas com-
1. Matres familiœ quœ paulo ante Romanis de muro manus tendebant, suos obtestari, et, more gallico, passum capillum ostentare liberosque in conspectum proferre cœperunt. Cœs., Bell. Gall., vu, 48.
2. Dextris humeris exertis animadvertebantur, quod insigne pacatis esse consueverat. Caes., Bell. Gall., vu, 50.