LIVRE VII.— CHAPITRE II
en face du camp romain, sachant que la bataille était 52 engagée, marchèrent au secours des leurs, et prirent poste sur une hauteur; mais ils ne soutinrent pas la charge des légions; tout ce qui ne put se sauver dans les bois et sur les collines fut ensuite atteint par la cavalerie. Après l'action, Labiénus, sans perdre de temps, ramena son armée clans Agendicum, où étaient les équipages, et rejoignit César sur le territoire senonais *.
L'insurrection des Édues semblait, pour la cause de la liberté, une victoire décisive; ils s'y étaient jetés avec la chaleur de nouveaux convertis. Exhortations, autorité, argent, ils mettaient tout en usage pour entraîner les chefs ou les cités qui balançaient encore; maîtres des otages de toute la Gaule enlevés par Éporédorix à Noviodunum, ils pouvaient menacer; ils épouvantèrent même par quelques supplices2. Leur ardeur était si vive, qu'ils sacrifièrent jusqu'aux prétentions nationales et à la jalousie du commandement. D'abord ils s'étaient flattés de devenir, par le seul fait de leur adhésion , les chefs et les directeurs de la ligue ; mais, trouvant les Arvernes peu disposés à céder un rang qui leur appartenait à tant de titres, les Édues déclarèrent s'en remettre à la volonté générale3; et l'assemblée suprême de la Gaule fut convoquée à Bibracte, pour délibérer sur les opérations ultérieures de la guerre et sur la réélection d'un gènèrolissime. Aucune des cités gauloises n'y manqua, à l'exception des Reines, des Lingons et des Trévires; ceux-ci, comme trop éloignés et d'ailleurs pressés en ce moment par de