LIVRE VII. —CHAPITRE II
à la poursuite des coalisés tant que dura le jour, leur tua près de trois mille hommes, et campa le lendemain sous les murs de la place 1.
Alésia, renommée parmi les forteresses de la Gaule, jouissait, comme on l'a vu, de plus d'un genre de célébrité : les vieilles traditions galliques, d'accord avec les traditions phéniciennes et grecques, lui donnaient pour fondateur Hercule, ou plutôt le peuple tyrien, dont ce dieu conquérant était le symbole 2. Ainsi que Gergovie, Alésia était située sur le plateau d'une montagne, mais d'une montagne plus haute et plus escarpée. Deux petites rivières 3 coulaient, au pied, et, se réunissant près •de là, à l'ouest de la ville, laissaient entre leur confluent et la montagne une plaine de trois mille pas de long; une ceinture de collines de hauteur égale, et séparées par des intervalles étroits, environnait toute la vallée. Le camp gaulois, muni d'un fossé et d'un rempart de six pieds de haut, occupait, sous les murailles de la ville, la partie de la montagne tournée à l'est : sa force en infanterie était de quatre-vingt mille hommes , et il comptait environ dix mille cavaliers échappés aux désastres de la bataille et de la retraite. Une armée si nombreuse sous une ville si bien située défiant toute attaque de vive force, César conçut la prodigieuse idée de réduire par un même blocus à la fois l'armée et la place. Il fit commencer une ligne de circonvallation de onze milles de circuit; il établit plusieurs camps; et vingt-trois forts s'élevèrent, où des postes furent disposés contre les attaques subites des assiégés; la nuit,