LIVRE VII. — CHAPITRE IL
avait cinq rangées qui se touchaient et s'entrelaçaient *. 52 En avant, César fit encore creuser des fosses de trois pieds de profondeur disposées en échiquier et étroites par le has; on y plantait des pieux gros comme la cuisse, aiguisés au feu par le haut, la pointe ne sortait de terre que de quatre doigts; la terre, autour de la tige, était foulée avec les pieds pour consolider .l'ouvrage, et le reste était recouvert à la surface de ronces et de branchages, pour cacher le piège. Il y en avait huit rangs, distants de trois pieds, et les soldats les appelaient des lis, à cause de leur ressemblance avec cette fleur. Plus avant encore il fit enfoncer en terre et semer partout, à peu de distance les unes des autres, des chausse-trapes d'un pied de long, armées de pointes de fer ou aiguillons2. Ce n'était là que la plus petite moitié de ces ouvrages prodigieux : ils furent exécutés une seconde fois en contrevallation, du côté de la campagne, afin de mettre le camp à l'abri des attaques du dehors. Le niveau fut suivi autant que le permit la nature du terrain ; le circuit total était d'environ quatorze milles ; tout cela fut terminé en moins de cinq semaines et par moins de soixante mille hommes 3.
Mais ce n'était pas seulement sous les murs d'Alésia, dans les rangs des agresseurs, que s'opéraient des prodiges d'activité ; ce n'était pas là seulement qu'on veillait, que la sueur coulait à la peine, qu'on se préparait par d'immenses travaux à une grande et dernière lutte. Les paroles de Vercingétorix avaient retenti comme le cri de détresse de la patrie elle-même. La crainte, la dou-
1. Les soldats romains les appelaient des Cippes. — HosCippos appellabant. Cses., Bell. Gall., vu, 73.