LIVRE VII. — CHAPITRE II
saient la guerre pour leur compte et ne prendraient l'or- 52 dre de personne ; pourtant, sur les instances de l'Atrébate Comm, leur hôte, et par don d'hospitalité, ils lui envoyèrent deux mille hommes1. Un seul peuple, le peuple rémois, au milieu du mouvement général d'enthousiasme et de dévouement, eut l'odieuse constance d'y résister.
Deux cent quarante mille fantassins et huit mille cavaliers se rassemblèrent sur la frontière éduenne, qui était le point de réunion. On y fit le dénombrement de l'armée, et on choisit des chefs. Le commandement fut déféré à Comm l'Atrébate, aux Éduens Y irduinar et Ëporédorix, et à Vergasillaun, Arverne et parent de Vercingétorix; on leur donna un conseil militaire formé de membres pris dans chaque cité. Dans ce conseil sans doute figura le brave et malheureux Ambiorix, qui n'apportait sous les drapeaux de la Gaule que son épée et sa vie, car son peuple avait été détruit. Les choses étant ainsi organisées, les Gaulois, pleins de confiance et d'ardeur, se mirent en marche vers Alésia 2.
Quelque activité qu'eussent déployée les chefs et les peuples de la Gaule, les trente jours fixés par Vercingétorix étaient passés, et déjà dans la place la disette devenait extrême. Prisonniers, comme ils étaient, dans une double enceinte, séparés du monde entier, les assiégés ne savaient rien de ce qui s'était fait au dehors, et l'incertitude augmentait encore l'horreur de leur situation. Quelques jours s'écoulèrent dans l'attente; mais enfin le
1. Bellovaci suum numerum non contulerunt, quod se suo nomine ateue arbitiïo cuni Romanis bellum gessuros dicerent, neque cujusquam imperio obtemperaturos : rogati tamen a Comio, pro ejus hospftio n millia miseront. Cœs., BelL Gall., vu, 75.