Id., ibid
« conseil s'assembla pour prendre une résolution définitive.
Plusieurs projets furent discutés. Quelques-uns inclinaient à capituler, la plupart à tenter une sortie générale, tandis que les forces n'étaient pas encore épuisées. Critognat, Arverne d'une haute naissance et d'une grande autorité, combattit avec chaleur ces avis, et en ouvrit un d'une énergie vraiment effrayante. « Je ne réfuterai pas, « dit-il, ceux qui prétendent appeler capitulation une « lâche et abjecte servitude : de tels hommes, je pense, « ne doivent être ni comptés au nombre des citoyens, ni « admis dans cette assemblée i ; je m'adresse à ceux qui « proposent une sortie; ceux-là du moins conservent « quelque ombre de notre ancienne vertu. Mais il y a « faiblesse encore à ne savoir pas supporter quelques « jours de disette; les hommes qui bravent la mort sont « moins rares que ceux qui s'offrent aux douleurs et à « la souffrance, et je serais de ce nombre (car à moi « aussi la dignité de ma personne m'est chère) si je ne « voyais ici d'autre perte que celle de la vie 2. Dans le « parti que nous devons prendre, considérons toute la « Gaule, que nous avons appelée à notre délivrance; et « quel, pensez-vous, sera le courage de nos parents et « de nos amis, lorsqu'ils arriveront, et qu'ils trouveront, « sur le même champ de bataille où ils devront cornet battre, les corps de quatre-vingt mille hommes qu'ils « étaient venus secourir? Ne privez donc pas de notre
i. Nihil, inquit, de eorum sententia dicturus sum, qui turpissimam servitutem deditionis nomine appellant; neque hos habendos civium loco, neque ad concilium adhïbendos censeo. Caes., Bell. Gall., vu, 77..
1. At'qu^ego hanc sententiam probarem (nam apud me multum dignitas potest) , si nullam, prœterquam vitse nostrse, jacturam fieri viderem. Id., ibid.