CHAPITRE III
ouvelle ligue gauloise; ses chefs; plan de guerre défensive. — Septième campagne de César : il ravage les terres des Bituriges et des Carnutes. — Combats et défaite des Bellovakes; mort de Corrée; exil de Cornai l'Atrébate. — Nouvelles persécutions contre Anibiorix. — Dumnac vaincu. — Les Carnutes capitulent. — Siège d'Uxellodunum; Drappès est fait prisonnier. — Blocus de la place. — Supplice du Carnute Gutruat. — Arrivée de César devant Uxellodunum; défense héroïque des assiégés; ouvrages des Romains. — La ville se rend; cruauté de César. — Mort de Drappès; Luctère est livré par trahison. — Les Trévires vaincus par Labiénus. — Poursuite et misère de Comm l'Atrébate; il se venge de "Volusénus; il fait sa paix avec les Romains. — Conduite habile de César envers les Gaulois vaincus. — Déplorable situation du pays.
Les Arverncs et les Édues avaient mis bas les armes; la plupart des compagnons de Vercingétorix étaient prisonniers ou morts; les chefs éduens se résignaient à la paix ; un seul d'entre eux, inébranlable dans son patriotisme, avait refusé de jurer obéissance aux Romains, et s'était retiré, chez les Trévires : ce généreux patriote se nommait Sure, et n'était pas moins illustre par sa naissance que par ses qualités personnelles 1. Malgré ces défections, le reste de la Gaule ne perdait point courage, et tous les personnages marquants de la dernière guerre n'avaient point remis l'épée dans le fourreau : Comm l'Atrébate etAmbiorix vivaient encore ; et Luctère,
1. Surum /Eduum, qui et virtutis et generis summam nobilitatem habebat, solusque ex Reluis permanserat in armis... Hirt., Bell. Gall., \ui, 45.
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si l'ami et le compagnon de Yercingétorix, avait résolu de périr ou de venger le désastre d'Alésia. Outre ces hommes éprouvés par d'anciens services, une foule de chefs, inférieurs dans la confédération, mais puissants chacun dans sa cité, s'agitaient pour combiner un nouvel effort : tels étaient Gutruat chez les Garnutes, Duinnac chez les Andes, Gorrée chez les Bellovakes, et le Senonais Drappès. Drappès surtout s'était signalé durant la Campagne précédente, et s'était attiré par des coups hardis la haine et l'effroi des Romains; à la tête d'une bande d'esclaves fugitifs, de bannis et de gens de toute espèce, il avait fait la guerre de partisan, pillant les bagages, interceptant les convois, harcelant l'arrièregarde ou les flancs de l'ennemi *; et César en avait beaucoup souffert. Après s'être concertés entre eux et avec les personnages influents des autres peuples, les chefs de la nouvelle coalition arrêtèrent un plan commun de défense.
Une expérience funeste ne leur avait que trop démontré l'infériorité des forces gauloises réunies en masse contre la masse des forces romaines !. Us sentaient que la guerre partielle et simultanée en un grand nombre de lieux était la seule praticable avec quelque chance de succès 3, contre des troupes aussi exercées et contre un général aussi habile; et pour diviser, dès l'ouverture des hostilités, les légions et l'attention du proconsul , ils établirent trois centres de résistance : un dans le nord
1. Collectis undiqueperditishominibus, servis ad libertatem vocatis, exulibus omnium civitatum adscitis, receptis latronibus, impedimenta et commeatus Romanorum interceperat. Hirt., vin, 30.
2. Nulla multitudine in uuum locum coacta resisti posse Romanis. Id., ibid.,1.