LIVRE VIL — CHAPITRE III. 32Î
chez les Bellovakes, un autre dans l'ouest chez les Andes, 51 et le troisième dans le midi chez les Gadurkes. Les Trévires devaient en outre s'armer pour inquiéter et retenir Labiénus sur le territoire séquanais ou aux environs. Ce plan étant approuvé par les nations liguées, on commença de toutes parts à ramasser des vivres, et à réparer les places fortes.
On ne put agir en si grand secret que l'ennemi n'en conçût de l'inquiétude; les Bituriges principalement, obligés de faire tous leurs préparatifs sous les yeux d'une légion et presque à la vue de César, découvrirent la chose l. Dès que le proconsul fut instruit de leurs mouvements, laissant à Bibracte son questeur Marc-Antoine, il partit dans la nuit des calendes de janvier, alla joindre la légion cantonnée chez les Bituriges, et fit venir à grandes journées une des deux qui hivernaient chez les Bèmës. Quand il les eut ralliées, il sortit inopinément de son camp, et se mit à parcourir le territoire biturige. Cette brusque attaque surprit la population disséminée dans les campagnes et occupée des travaux de la culture ; elle ne fut pas même avertie par le signal qui précédait ordinairement César, l'incendie des habitations 2. Plusieurs milliers d'hommes, de femmes et d'enfants furent saisis et traînés garrottés parmi les bagages ; les autres, fuyant devant lui, et poursuivis de canton en canton, crurent trouver refuge chez les peuples voisins, soit à l'abri d'hospitalités particulières, soit sous la protection de liens politiques ; mais César les y poursuivit, parcourant le fer à la main tous les pays d'alentour, et ne laissant
1. Unius legionis hibernis non potuerant contineri quin bellum parareut conjurationesque facerent. Hirt., vm, 2.