‹ Histoire de La Gaule, sous la domination romaineChapitre 265 sur 454 · Hirt., vm · texte numérisé non relu

Hirt., vm

pas aux habitants, occupés de leur propre salut, le loisir de secourir autrui1 ; dans chaque lieu, sur sa route, il se fit livrer des otages. Après avoir ainsi chassé pendant plusieurs semaines cette population demi-morte de froid, de faim et de lassitude, il lui proposa de rentrer en grâce. Que pouvaient ces malheureux? Us subirent toutes les conditions qu'il plut à l'ennemi de leur imposer; c'est ce que l'historien romain de cette guerre appelle la clémence de César2: à ce prix ils purent revoir leurs foyers dévastés. La clémence de César s'étendit aussi sur les peuples qui avaient prêté asile aux fugitifs3; mais elle ne fut point gratuite. Il fallut que ces peuples fissent les frais d'une gratification accordée par le proconsul à ses soldats en dédommagement de leurs fatigues, et montant à deux cents sesterces par soldat et deux mille écus par centurion4. César renvoya ensuite les deux légions chez les Rèmes, et revint à Bibracte après quarante jours d'absence.

Mais les Carnutes, mécontents de la prompte soumission des Bituriges, entrèrent aussitôt sur leurs terres pour les forcer à reprendre les armes. Le proconsul n'était de retour à Bibracte que depuis dix-huit jours : il se décida pourtant à partir de nouveau ; tirant de leurs quartiers la quatorzième légion et la sixième, cantonnées sur la Saône pour assurer les communications et les subsistances, il les mena contre les Carnutes Les Carnutes, à son approche, évacuèrent le territoire biturige ;

1. Nec dat ulli civitati spatium de aliéna potius quam de domestica salute cogitandi. Hirt., vin, 3.

2. Quum sibi vidèrent clementia Csesaris reditum patere. Id., ibid.

4. Deux cents sesterces font 40 francs; deux mille écus romains, 1,900 francs.

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