‹ Histoire de La Gaule, sous la domination romaineChapitre 268 sur 454 · LIVRE VII. — CHAPITRE III · texte numérisé non relu

LIVRE VII. — CHAPITRE III

mèrent dans le système de guerre qu'ils avaient adopté. 51 Sur ces entrefaites, Comm arriva, amenant avec lui cinq cents hommes de cavalerie germaine : c'était tout ce qu'il avait pu enrôler au delà du Rhin1.

César n'osait pas attaquer de vive force le camp gaulois couvert par ses marais; pour l'enfermer d'une circonvallation, quatre légions n'étaient pas suffisantes ; il envoya à Trébonius, cantonné à Génabum, Tordre de lui amener les deux qu'il commandait et celle qui hivernait chez les Bituriges. Tant de mystère et de célérité accompagna la marche du lieutenant, qu'il était entré déjà dans la Belgique avant que les chefs gaulois eussent avis de son approche. Craignant un siège pareil à celui d'Alésia, ceux-ci prirent le parti de renvoyer la nuit tous ceux que l'âge, les forces ou le défaut d'armes rendaient inutiles, et avec eux tout leur bagage. Tandis qu'ils étaient occupés à mettre en mouvement cette troupe où les chariots jetaient une grande confusion, il arriva que le jour les surprit ; craignant que les Romains ne se missent aussitôt à la poursuite de cette colonne, ils se rangèrent en bataille devant leur camp. César ne jugeait prudent ni d'attaquer ceux qui attendaient de pied ferme, ni de poursuivre les autres en gravissant une colline escarpée ; il voulut néanmoins avancer un peu, afin de gêner la retraite. Il fit jeter des ponts de claies sur le marais, et gagna rapidement la cime du coteau, n'étant plus séparé de l'ennemi que par un ravin étroit. Les légions y montèrent en ordre de bataille, et s'y déployèrent dans une position d'où les traits de leurs

dine Gallorum, neque aetatis excusatione in suscipienda prsefectura usus erat, neque dimicari sine se voluerat. Hirt., vin, 12 i. Id., ibid., 10.

51 machines portaient jusque sur les rangs gaulois *. Les Belges attendaient que le proconsul vînt Ips attaquer sur leur terrain de l'autre côté du ravin ; leur colonne de fuyards et de bagages, s'enfonçant de plus en plus dans les bois, se trouvait à peu près hors de danger; mais eux-mêmes n'osaient commencer leur retraite, de peur d'être attaqués et mis en désordre. César, voyant leur résolution, fit tracer et fortifier son camp, sur la colline qu'il occupait. L'ouvrage fini, il tint l'infanterie sous les armes et la cavalerie avec les chevaux bridés aux avant-postes ; ces manœuvres employèrent tout le jour. Déjà la nuit approchait. La situation des Bellovakes devenait d'instant en instant plus précaire; car d'un côté les Romains étaient prêts à les poursuivre au moindre mouvement; de l'autre, séparés de leurs bagages, ils ne pouvaient passer la nuit sans vivres, et ils prévoyaient de plus grands périls pour le lendemain. Ils se tirèrent de cette situation critique par un stratagème : comme tous les Gaulois en guerre, ils portaient un faisceau de branches ou de paille sur lequel ils s'asseyaient2; ils firent passer de main en main ces faisceaux, les amoncelèrent sur leur front de bataille, y mirent le feu partout en même temps : bientôt une haie de flammes les déroba à la vue des Romains ; ils prirent ce moment pour fuir à toutes jambes3.

Quoique César ne pût pas apercevoir les Gaulois en retraite, cet embrasement* lui fit soupçonner la ruse :

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