‹ Histoire de La Gaule, sous la domination romaineChapitre 270 sur 454 · Id., vni · texte numérisé non relu

Id., vni

51 enceinte impraticable où ils s'étaient proposé d'enfermer leur ennemi, ils s'y trouvent pris eux-mêmes; vaincus, débandés, ils gagnent en tumulte los bois ou la rivière; les Romains les poursuivent l'épée clans le dos, en massacrent et en noient un grand nombre. Dans cette épouvantable confusion, Gorrée, supérieur à sa fortune, refuse de quitter le champ de bataille ; vainement on lui crie de se rendre; entouré de cadavres ennemis, il blesse, il renverse tout ce qui l'ose approcher, et force les vainqueurs irrités à l'accabler de loin sous une grêle de traits1.

Cette journée fut fatale à la cause gauloise : les Bellovakes, voyant l'élite de leur infanterie détruite, leur cavalerie perdue, leur chef tué, le sort entièrement contraire, et César près d'eux, courbèrent la- tête. Ayant convoqué à son de trompe le conseil des confédérés, ils demandèrent à grands cris qu'on envoyât des députés et des otages aux Romains. A ces seuls mots, Comm monta à cheval, sortit du camp, et, sous l'escorte des cavaliers qu'il avait amenés d'outre-Rhin, de forêt en forêt, il parvint à gagner la Germanie2, reniant une patrie qui se résignait déjà à servir, et allant en chercher une autre où du moins ses yeux ne rencontreraient pas un Romain.

La proposition des Bellovakes fut adoptée par les coalisés, mais des députés des premiers se rendirent d'abord auprès de César pour sonder ses dispositions. Ils le conjurèrent « de se contenter des calamités que ses « armes avaient fait peser sur leur nation : elle était

1. Nulla calamitate victus Corrcus excedere pnelio silvasque petere, aut, invitantibus nostris, ad deditionem potuit adduci, quin fortissime prœliando, compluresque vulnerando, cogeret elatos iracundia victores in se tela conjicere. Hirt., vm, 19.

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