‹ Histoire de La Gaule, sous la domination romaineChapitre 285 sur 454 · LIVRE VIII. — CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE VIII. — CHAPITRE I

« n'est quo F avant-garde d'un effroyable déluge. Dix ans 40 « de séjour parmi des peuples féroces ont rendu César <f non moins féroce qu'eux1. Il a déchaîné du haut dp? « Alpes la furie gauloise2; il a soulevé cotte race tout « entière; des bords de l'Océan et du Rhin, elle accourt « sur ses pas, car il lui a promis le pillage de Rome3. » Les hommes de l'Alouette surtout inspiraient l'épouvante et la haine*, soit que le général les chargeât de ses exécutions les plus rigoureuses, soit que parfois, se souvenant de leur origine, ils portassent dans cette querelle étrangère quelque chose de plus acharné encore et de plus violent que la passion des guerres civiles.

César n'avait point promis aux Transalpins le pillage de Rome, mais il avait doublé la solde de son armée, et il manquait d'argent; le fruit de dix ans de rapines avait été consumé en partie dans des largesses corruptrices et de honteux marchés ; le reste avait fourni à l'équipement des auxiliaires. Dans son embarras, il jeta les yeux sur les deniers publics. Le lecteur n'a point oublié ce trésor fondé jadis par Camillus, et réservé exclusivement aux frais des guerres gauloises. Depuis tant de siècles l'inviolabilité religieuse qui le couvrit à son origine n'avait pas reçu une seule atteinte; Rome, au milieu des plus extrêmes besoins, quand Pyrrhus et Annibal étaient sous ses murs, quand la guerre sociale

1. Majorque ferusque Mentibus occurrit, victoque immanior hoste.

Lucan., i, v. 479-480.

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