‹ Histoire de La Gaule, sous la domination romaineChapitre 286 sur 454 · Cic, Philipp., passim · texte numérisé non relu

Cic, Philipp., passim

49 l'épuisait, n'avait point osé y porter la main ; les factions mêmes, dans les nécessités de la défense ou le délire du triomphe, l'avaient respecté; il était resté sacré pour Marius et Sylla, il ne le fut pas pour César. A peine arrivé dans Rome, le proconsul monta au Capitole, suivi d'une troupe de soldats, entra dans le temple de Saturne dont le trésor public faisait partie, et, trouvant la porte fermée, ordonna qu'on la rompît à coups de hache.

En ce moment accourut indigné le tribun du peuple L. Métellus : il venait s'opposer à la profanation ; il se précipita au-devant des coups, menaçant César, et le conjurant de ne point attirer sur la république la peine de son sacrilège. « La république n'a rien à craindre, « lui répondit ironiquement le proconsul; je l'ai déliée « de ses serments, en soumettant la Gaule; il n'y a plus « de Gaulois1 ! » Et comme le tribun insistait, il le fit jeter dehors par ses soldats. Alors la porte tomba en débris sous le tranchant des haches, l'or et l'argent furent enlevés et distribués aux troupes2. Les Transalpins en eurent leur part; et ces sommes amassées avec tant de scrupule et d'épargne, pour résister aux tumultes gaulois, furent ainsi prodiguées, en solde et gratifications, à des Gaulois, pour la ruine de la liberté romaine.

Cependant César se mit en route pour l'Espagne, où

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