‹ Histoire de La Gaule, sous la domination romaineChapitre 298 sur 454 · LIVRE VIII. — CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE VIII. — CHAPITRE I

taient ensemble moins franchement; ils commençaient 49 par s'entretenir 1 sur parole, et ces entrevues avaient pour résultat assez ordinaire la désertion d'une bande vers l'autre : ce ne fut pas César qui eut lieu de s'en plaindre le plus. Ce mouvement qui poussait vers l'Orient la population militaire de l'Occident jeta sur toute cette côte de la Méditerranée une innombrable quantité d'aventuriers gaulois, qui y restèrent après les guerres civiles, et dont les princes asiatiques et africains soldaient chèrement les services. C'étaient en même temps des troupes d'élite et d'apparat, garde privilégiée des monarques. Juba. au fond de la Mauritanie, entretenait près de sa personne un corps de ces cavaliers transalpins2. La belle Cléopâtre d'Egypte en reçut quatre cents d'Antoine, son amant, comme un cadeau magnifique et digne d'une puissante reine3 : plus tard, les Gaulois de Cléopâtre furent passés par Octave à Hérode, roi des Juifs.

Triomphant de tous ses ennemis, César versa à pleines mains les bienfaits sur les Transalpins qui l'avaient si bien secondé. La légion de V Alouette fut décorée en masse du droit de cité romaine 4, et les braves de Pharsale et d'Alexandrie affermirent, sur le champ de bataille des comices, la dictature perpétuelle qu'ils venaient d'enlever à la pointe du sabre. Cet acte de reconnaissance du dictateur fut très-mal accueilli dans Rome, et les nouveaux citoyens se virent exposés plus d'une fois à des injures publiques, aux plus brutales

1. Galli Labieniani cum Cœsaris equitibus, fide data, colloquebantur, Hîrt., Bell. Afric, 20.

Page 1