‹ Histoire de La Gaule, sous la domination romaineChapitre 299 sur 454 · Universam civitate donavit. Suet., Caes · texte numérisé non relu

Universam civitate donavit. Suet., Caes

49 avanies : Cicéron (après la mort de César, il est vrai) se laissa emporter jusqu'à les qualifier en plein sénat â'ègout de la république, qui servait de réceptacle à tous les crimes1. Quoi qu'il en fût, ils remplirent leurs missions de tout genre avec tant zèle, ils se montrèrent en tout si utiles et si dévoués au pouvoir, qu'Antoine, qui convoitait l'héritage de la dictature, proposa pour eux, dans

46 la suite, une seconde récompense nationale2.

La vanité du conquérant l'emporta néanmoins sur ce penchant intéressé qu'il montrait envers la Gaule; il n'eut pas la générosité d'épargner à sa conquête l'humiliation d'un triomphe. Dans une solennité qui dura quatre jours, où le vainqueur de Pompée triompha du monde presque entier, la Gaule et Massalie figurèrent : les prisonniers transalpins, tirés des cachots où ils croupissaient depuis six ans, allèrent représenter leur patrie à travers les rues et les carrefours de Rome; et une image peinte ou sculptée de la ville phocéenne fut traînée, comme une captive, devant le char triomphal 3. Ce fut au milieu de' ces joies de César que l'infortuné, le grand Vercingétorix périt par la hache du bourreau 4, précédé et suivi d'une foule de personnages plus récemment célèbres, espagnols, africains, asiatiques et grecs. Parmi tant de trépas illustres provoqués et causés par les discordes politiques de Piome, la mort du patriote transalpin fut obscure et à peine remarquée. Elle ne

1. Perfugium scelerum, cum turpissimis reipublicae sordibus... Cic, Philipp., xiii, 18.

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