‹ Histoire de La Gaule, sous la domination romaineChapitre 318 sur 454 · LIVRE VIII. — CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE VIII. — CHAPITRE II

de leur immense empire. Ainsi les Olympes de la Grèce ai et de l'Asie, assimilés à l'Olympe romain, avaient reçu en quelque sorte le droit de bourgeoisie romaine. Auguste l'octroya à l'Olympe gaulois. Il donna le premier exemple public delà fusion des deux cultes, en dédiant un temple au dieu Kirk ou Circius, personnification de ce vent terrible qui désolait la côte narbonnaise : il fit construire le temple de Kirk et en régla le cérémonial, comme souverain pontife de la religion romaine, avec autant de pompe et de gravité que s'il se fût agi du dieu Borèe ou du dieu tôle 1. Bien plus, il ne recula point devant l'idée de devenir lui-même un dieu gaulois, et il permit que sa personne fût invoquée conjointement avec les esprits tutélaires par quelques cités et quelques villes; leurs noms furent accolés sur les monuments2, et Auguste prit place parmi les génies de la Gaule, jusqu'à ce que le temps fût venu pour lui de les détrôner tous à son profit.

La haute classe de la société gauloise s'empressa d'abjurer le druidisme; au contraire, la religion officielle, qui promettait la faveur des conquérants, sans violenter la conscience, vit se presser à ses autels tous les hommes qui avaient de l'ambition , ou qui commençaient à goûter les études de la Grèce et de l'Italie. De toutes parts s'élevèrent des temples où l'identité des deux cultes fut publiquement consacrée. On lut, réunis sur la double inscription du même autel, les deux noms romain et gaulois appliqués au même symbole : Mars et Camul3,

1. Divus certe Augostus templum illi (Circio), quum in Gallia moraretur, et vovit et fecit. Sen.,Quœst. nat., v, 17.

2. AUGUSTO. SACRUM. ET. GENIO. CIYITATIS. BIT. VIV. Gl'Ut., IllSCr. , p. 227,

num. 4, et passim.

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