Strab., 1. vu, p
9 probablement qu'ils l'adressaient à un dieu. Cette poignée d'hommes formait alors les seuls représentants libres de leur race au nord du Rhin; tous les autres peuples kimriques et la plupart des Kimro-Galls avaient été exterminés ou domptés successivement par les nations germaines; le pays des Boïes hercyniens venait d'être tout récemment conquis par les Marcomans, et les Boïes réduits en servitude ou expulsés1. A partir de cette époque, la langue et les mœurs teutoniques ou slaves régnent seules dans tous les lieux qu'avait occupés la race gauloise au nord du Rhin.
Drusus étant mort, cette même année, d'une chute de cheval, Tibère, son frère et son successeur, continua la guerre en Germanie avec non moins de bonheur. Vainqueur des Suèves et des Sicambres, il força qua-
8 rante mille de leurs captifs à s'établir sur la rive gauche du Rhin2. On vit alors plusieurs de ces tribus suèves qui, après avoir suivi jadis Arioviste en Gaule, en avaient été expulsées par César, yrentrer de nouveau contre leur gré : tels furent les Némètes et lesVangions3. C'est encore à l'époque qui nous occupe qu'on doit placer l'établissement d'une peuplade germanique qui joua bientôt un grand rôle. Chassée du territoire de sa nation, par suite d'une violente guerre domestique4, une tribu des Cattes arriva vers le cours inférieur du Rhin, et s'empara de
1. Manet adhuc Boihemi nomen... quamvis ruutatis cultoribus. Tac, Germ., 28. — Paterc, il, 109. — Boio-hemum, Boio-hœmum, Boio-lieim signifie en langue germanique demeure des Boïes.
2. Quadragiuta millia dediticiorum trajecit in Galliam...Suet., Tiber., 9. — Id., August., 21.
3. Tac, Germ., 28. — Plin., iv, 17. — Ptolem., n, 9. — Lucan., i, v. 431.
4. Cattorum quoiidam populus, et seditione domestica in cas sedes transgressus, in quibus pars roaani imperii fièrent. Tac, Germ., 29.