‹ Histoire de La Gaule, sous la domination romaineChapitre 328 sur 454 · LIVRE VIII. —CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE VIII. —CHAPITRE II

l'île appelée par les Gaulois Batovic1, comprise entre les s deux branches de ce fleuve. Loin d'inquiéter les Bataves (c'est le nom que reçurent et adoptèrent les nouveaux venus), les Romains s'empressèrent de faire alliance et amitié étroite avec eux, ne leur demandant de tribut que celui de leurs armes et de leur courage2. L'intrusion de ce peuple eut, comme on le verra plus tard, une grande influence sur les destinées ultérieures du pays.

Quintilius Varus, qui remplaça Tibère en Germanie, fre s'étant laissé surprendre près du Weser par Arminn3 ou m°ieorne Arminius, le héros de la liberté teutonique, trois légions romaines périrent tout entières avec leur commandant. Cette nouvelle accabla l'Empereur; il crut voir les Germains aux portes de Rome ; il crut voir la Gaule soulevée, précédant l'invasion des Rarbares en deçà des Alpes. Dans sa frayeur, il ordonna de chasser de la ville, et probablement de toute l'Italie, les Gaulois et les Germains qui s'y trouvaient, soit pour leurs affaires de négoce et de plaisir, soit en qualité de soldats dans la garde prétorienne4; les militaires furent relégués dans les îles voisines, les simples voyageurs expulsés. Cependant les Gaules ne se soulevèrent point. Tibère, qui s'y rendit en toute hâte, passa trois années à mettre le pays en état de défense, et pénétra enfin en Germanie, où il fit une incursion assez heureuse, mais sans éclat. A son neveu

Page 1