LIVRE VIII. — CHAPITRE IL
tendre, examiner comment la lutte s'engagerait, et 21 laisser des nations plus puissantes qu'elles porter et recevoir les premiers coups.
Cependant deux légions et un corps d'auxiliaires germains ou belges, partis des bords du Rhin, entrèrent sur le territoire séquanais. Silius, qui les commandait, dispersa dans un premier combat les troupes insurgées, fit dévaster tous les villages sur sa route, et marcha à grandes journées vers Augustodunum pour attaquer les forces de Sacrovir1. Dans l'impatience de piller ce pays, le plus riche de toute la Gaule, tous chefs et soldats, montraient une ardeur innaccoutumée; ils murmuraient contre les haltes, ils s'indignaient des retards de la nuit : « Voir l'ennemi et en être vus, « s'écriaient-ils, voilà tout ce qu'il nous faut pour « vaincre2. » A douze milles d' Augustodunum, ils découvrirent l'armée gauloise rangée dans une plaine; les crupellaires, avec leur vêtement de fer, garnissaient le front de bataille; les cohortes et les volontaires armés de toutes pièces formaient les ailes, la multitude était placée derrière. Monté sur un cheval superbe et entouré des chefs insurgés, Sacrovir parcourait les premiers rangs, aiguillonnant par ses discours le courage des Gaulois. Il leur rappela les vieux exploits de la Gaule, et les revers dont elle avait jadis affligé Rome3. « Songez, leur « disait-il, combien la liberté sera glorieuse après la « victoire, combien la servitude serait plus accablante « après une nouvelle défaite ! » Son discours ne fut ni