Regnum Venusio, bellum nobis relictum. Id., ibid
ci prêtres, avait été transportée dans la Bretagne et appli- ' qnée avec toute l'inhumanité romaine par les gouverneurs et leurs soldats ; partout où pénétraient les légions, les temples étaient profanés, les autels renversés, les prêtres égorgés, les collèges de femmes consacrées livrés à tous les outrages de la soldatesque, et les vieilles forêts, sanctuaire des mystères d'Hcsus, tombaient l'une après l'autre sous la hache. Les druides fuyaient devant la persécution : de proche en proche, ils reculaient vers l'ouest, à mesure que s'avançaient les conquêtes de Rome et les limites de la province. Les montagnes des Silures et des Ordovikes leur prêtèrent asile comme aux patriotes exilés.
A l'occident des Ordovikes, et très-près de la côte, était située la petite île de Mona. Apre, inculte, d'un aspect lugubre et affreux1, Mona avait été choisie depuis des siècles par les druides pour le siège le plus secret de leur culte. Le haut collège du sacerdoce y résidait, et les collèges inférieurs des prêtres et des prêtresses, échappés aux massacres de la Gaule et à ceux de l'est et du midi de la Bretagne, accouraient de toutes parts s'y grouper autour de leurs pontifes2; ils formaient un conseil suprême, en rapport avec les peuples confédérés de l'ouest et dirigeant leurs opérations. De là partaient des ordres, des prédictions, des encouragements, des menaces, tout ce que le fanatisme de la croyance peut ajouter à celui de la patrie et de la liberté. Là, sous de vieux chênes consacrés, sur d'informes autels, le sang humain ruisselait chaque jour; là étaient conduits et
\. Arida, saxosa, aspectu inamœna et dcformis. Girald. Cambr., ap. Camd., Britân., p. 7-23.
2. Receptaculum perfugarum. Tac, Ann., xiv, 29. — Vires rebellibus ministraus. Id., Agric, 1-i.