‹ Histoire de La Gaule, sous la domination romaineChapitre 363 sur 454 · LIVRE IX. — CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE IX. — CHAPITRE I

l'Empereur, et fut un des plus ardents instigateurs et un des instruments de sa mort. Après avoir frappé de sa main le tyran, il osa se présenter à la populace irritée : « Vous demandez, lui cria-t-il, qui a tué Caïus ? Plût « aux dieux que ce fût moi! » Sous Claude, ayant suivi le prince dans son expédition de Bretagne, il parvint aux plus hautes charges de la milice. De retour à Rome, il fut nommé deux fois consul ; se retirant ensuite dans ses jardins, et occupé surtout de ses plaisirs, il s'abandonna à la vie voluptueuse et molle d'un épicurien l.

Mais il s'était attiré une haine fatale, la haine de Messaline, femme de Claude, par des liaisons intimes avec Sabina Poppœa, son ennemie et sa rivale 5 d'ailleurs Messaline convoitait les magnifiques jardins d'Asiaticus, pour y promener ses bacchanales, L'Empereur fut donc circonvenu et fatigué chaque jour d'accusations contre lui : « il fallait, disait-on, se défier d'une opulence et « d'une énergie dangereuses pour les princes. Asiaticus « avait été l'un des meurtriers de Caïus, il l'avait avoué « avec hardiesse devant le peuple, il en avait réclamé la « gloire, de là provenaient une renommée et un crédit « dont il était à la veille de faire usage ; il se disposait à « partir pour l'armée du Rhin; né à Vienne, soutenu « par une parenté nombreuse et puissante, il lui serait « facile de soulever des nations dont le sang coulait « dans ses veines2 » Ces rapports effrayèrent le faible Claude ; se figurant déjà une révolte qu'il était important d'étouffer, il envoya saisir inopinément le Gaulois:

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