Tac, Ann., xi, i
2. Quando genitus Viennœ, multisque et validis propinquitatibus subnixus, turbare gentiles nationes promptum baberet. Id., ibid.
Asiaticus , chargé de chaînes, fut confronté dans l'appartement de l'Empereur avec Messaline et ses accusateurs. On lui reprochait des largesses corruptrices aux soldats, son adultère avec Poppœa et des débauches : l'éloquence de son plaidoyer attendrit singulièrement Claude, Messaline môme sentit couler quelques larmes; sortie pour les essuyer, elle n'en recommanda pas moins à ses agents qu'on ne laissât pas échapper l'accusé. Il fut condamné à mort, et Claude, par grâce, lui accorda le choix de son supplice. Quelques courtisans de l'Empereur pressaient Asiaticus de se laisser mourir de faim, ce qu'ils regardaient comme une mort douce : « Je vous dispense, leur répondit-il, de tant de sollici- « tude. » Il continua de vaquer à ses fonctions ordinaires, se baigna, et donna un grand repas où il fut très-gai ; seulement, il dit qu'il regrettait qu'un homme échappé comme lui à la politique artificieuse de Tibère et aux fureurs de Caïus pérît victime des intrigues d'une femme. Avant de mourir, il alla visiter son bûcher, dressé dans ses jardins, et il le fit changer de place : (( Transportez-le plus loin, dit-il à ses esclaves, de peur « que la flamme et la fumée ne gâtent la fraîcheur de « mes arbres ; » ensuite il se coupa tranquillement les veines1.
Tandis que le midi et le centre delà Gaule se livraient avec passion aux arts de la paix, il s'opérait dans le nord un retour vers l'esprit militaire, fruit de la permanence des armées romaines. On se rappelle que huit légions, formées en deux camps, stationnaient, depuis Auguste, sur la rive gauche du Rhin. Une bande étroite de terrain, le long de cette rive, avait été distraite de la
1. Ne opacitas arborum vapore ignis minueretur. Tac, Ann., xi, 3.