‹ Histoire de La Gaule, sous la domination romaineChapitre 374 sur 454 · LIVRE IX. —CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE IX. —CHAPITRE I

modération; il professait un attachement austère aux es lois civiles, une profonde déférence pour le corps du sénat. Dans les événements qui bouleversaient l'Empire, il condamnait hautement une élection faite hors de Rome, par une province, à l'insu des Pères et du peuple. Peut-être ce respect absolu de la loi était-il pur de tout sentiment personnel ; peut-être ce blâme contre Galba, appuyé par des motifs aussi honorables, ne cachait-il aucune arrière-pensée : son armée ne le crut pas.

Vindex cependant avait réuni des troupes, ou plutôt une multitude d'hommes bien ou mal armés. Les villes insurgées s'approvisionnaient de vivres et de munitions de guerre , réparaient leurs murailles, se préparaient à repousser, s'il le fallait, l'agression des légions du Rhin. Vienne avait commencé les hostilités en assiégeant Lugdunum à peine reconstruit1. Avant que les préparatifs des Séquanes fussent terminés, Verginius, quittant brusquement la Germanie inférieure, entra sur le territoire de ce peuple, et mit le siège devant Vésontio, qui lui fermait ses portes 2 ; il avait avec lui , outre ses légions, de nombreux volontaires belges et bataves. Vindex accourut à la défense de la place. 11 s'avança jusque près des murs, à une faible distance des Romains ; de là il écrivit à Verginius, qui lui répondit ; après ces messages réciproques, les généraux sévirent, s'entretinrent longuement et se séparèrent bons amis. On ignore ce qui se passa dans cette conférence, si Verginius se laissa fléchir en faveur de Galba, ou si au contraire Vindex consentit à abandonner Galba pour

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