‹ Histoire de La Gaule, sous la domination romaineChapitre 376 sur 454 · LIVRE IX=— CHAPITRE I. 4G · texte numérisé non relu

LIVRE IX=— CHAPITRE I. 4G

sur une des enseignes : « Verginius, César, Auguste ; » il ordonna d'effacer ces mots. Quoique les légions menaçassent hautement de revenir a Néron, s'il restait inflexible, il eut l'habileté de les tenir toujours en suspens sans se déclarer pour ni contre Galba. On pensa qu'il attendait de Rome le décret du sénat qui confirmerait le nouveau prince ; quelques-uns prétendirent qu'il avait d'autres espérances.

Le décret arriva bientôt avec la nouvelle de la mort de Néron : Galba les reçut près de Narbonne. Par une conduite impolitique, et qui démentait sa réputation de modération et de sagesse, il distribua aux cités gauloises des grâces ou des châtiments excessifs, suivant qu'elles s'étaient montrées favorables ou défavorables à sa cause. Aux premières il prodigua les titres, les libertés, les exemptions de tribut 1 ; il frappa les secondes de peines ignominieuses ou fiscales ; il confisqua leurs revenus, il diminua leurs territoires, restreignit leurs privilèges, fit raser les murailles de quelques-unes de leurs villes 2. Les Édues , les Arvernes , les Séquanes , auteurs de sa fortune, furent l'objet de ses plus grandes faveurs ; ses plus grandes rigueurs tombèrent sur les Rèmes, les Lingons et les Trévires ; Vienne, comblée de biens, triompha de l'humiliation et de [l'abaissement de Lugdunum.

Ces mesures imprudentes firent plus qu'exaspérer les passions de partis politiques opposés ; elles réveillèrent une vieille antipathie de race que l'administration romaine avait affaiblie sans doute , mais non étouffée.

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