‹ Histoire de La Gaule, sous la domination romaineChapitre 386 sur 454 · LIVRE IX. — CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE IX. — CHAPITRE I

Vienne. Les Viennois connaissaient le danger de leur situation ; ils accoururent sur la route avec tout l'appareil religieux des suppliants ; ils se jetèrent aux genoux des soldats; ils s'attachèrent à leurs armes, à tous leurs pas ; ces prières, ces pleurs commencèrent à faire effet. Pour achever de fléchir l'armée, Valens lui fit distribuer, au nom des Viennois, trois cents sesterces par tête '. Ce ne fut qu'alors que les légions sentirent toute l'importance d'une colonie si brillante, si vieille alliée du peuple romain ; et les représentations du général pour qu'on ne là détruisît pas, pour qu'on n'égorgeât pas les habitants, furent écoutées avec faveur. Toutefois, une peine publique fut infligée aux Viennois, on les désarma, et chaque habitant fut tenu de fournir des provisions de toute espèce. On regarda comme constant que Fabius avait été gagné par une grosse somme d'argent, mais du moins la ville lui dut son salut. De Vienne il se dirigea à petites journées, par le pays des Allobroges et celui des Voconces : il réglait la marche et le séjour des troupes sur les sommes qu'il n'avait pas honte de se faire donner et il les exigeait des magistrats des villes et des possesseurs des terres avec la plus grande violence, au point que, dans un municipe des Voconces, nommé Lucus Augusti, ou le Bois d'Auguste 2, il avait déjà disposé les torches pour incendier, lorsqu'on l'apaisa avec de l'argent ; au défaut d'argent, des adultères et des prostitutions pouvaient le fléchir. C'est ainsi qu'il gagna les Alpes.

1. Haud ignari discrimiiiis sui Viennenses, velamenta et infulas praeferentes ubi agmen incesserat, arma, genua, vestigia prensando flexere militum animos. Addidit Valens trecenos singulis militibus sestertios. Tac, Hist., i, 66.

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