‹ Histoire de La Gaule, sous la domination romaineChapitre 388 sur 454 · LIVRE IX. —CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE IX. —CHAPITRE I

croulant de vétusté n'était pas plus sûr; d'un côté Ce- 69 cina les pressait avec une puissante armée ; de l'autre ils étaient harcelés par la cavalerie et par les cohortes de Rhétie; leurs faibles bataillons étaient comme perdus au milieu de tant d'ennemis. Ils jetèrent enfin leurs armes, et se sauvèrent sur le mont Vôcet l. Gécina envoya, pour les en chasser, une cohorte de Thraces, avec les auxiliaires germains et rhétiens; les fugitifs furent massacrés partout, sur les montagnes, dans les bois, et jusqu'au fond des cavernes où ils s'étaient cachés; il y en eut plusieurs milliers de tués, autant de vendus à l'encan 2. Les légions avaient rasé toutes les places voisines, et marchaient en bon ordre sur Aventicum, capitale du pays, lorsque les Gaulois offrirent de se rendre a discrétion, ce qui fut accepté. Julius Alpinus, un de leurs chefs, fut le seul que Cécina fit exécuter, sous prétexte qu'il était l'auteur de la guerre-, il laissa à Vitellius le soin de punir ou d'épargner le reste. Des députés helvétiens partirent donc sur-le-champ pour implorer le pardon de l'Empereur.

Ils le trouvèrent, lui et son armée, dans les dispositions les plus fâcheuses à leur égard. Les soldats deman-. daient la destruction de la race helvétienne tout entière; ils portaient au visage des envoyés leurs poings fermés et leurs épées nues. Vitellius lui-même n'épargnait ni les reproches ni les menaces, lorsque Glaudius Cossus, un des députés, célèbre par son éloquence, mais la cachant alors sous un effroi concerté, qui la rendait plus puissante, parvint à calmer l'esprit du soldat 3. Telle est la

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