‹ Histoire de La Gaule, sous la domination romaineChapitre 392 sur 454 · LIVRE IX. —CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE IX. —CHAPITRE I

se percher d'abord sur son épaule, ensuite sur sa tête l. es On sail que cet oiseau portait en langue latine le nom de Gallus, qui signifiait aussi Gaulois Le présage parut clair à tous ceux qui souhaitaient la chute de Vitellius, et le peuple ne douta pas que cet empereur ne fût bientôt terrassé par le bras de quelque enfant de la Gaule 2. Le peuple commençait en effet à être profondément remué. L'insurrection de Vindex, conçue dans des idées toutes romaines, entreprise pour un but tout romain, avait trouvé en Gaule de nombreux partisans, comme une noble cause, mais non comme une cause populaire : les événements qui suivirent le désastre de Vésontio, la vieille haine réveillée entre les cités de l'est et celles du nord, l'insolence des légions, les cruautés de Cécina et de Valens, les mots d'ennemis et de vaincus, prononcés de nouveau au milieu de tant d'outrages, avaient touché bien plus au vif le sentiment des masses. Ce fut d'elles que partit le premier cri d'indépendance contre Rome. Pendant même que Vitellius traversait, à la tête de ses troupes, les cités de l'est, un Boïen de la plus basse classe du peuple, nommé Marie, se mit à parcourir les campagnes de la Loire et de l'Allier, proclamant l'affranchissement de la patrie3; il réunit en peu de jours jusqu'à huit mille paysans, et déjà le mouvement gagnait les plus proches villages des Édues. L'historien romain de cette guerre a dédaigné 4 de nous transmettre plus de détails sur ces héros populaires des vieux souvenirs

1. Viennse pro tribunali jura reddenti gallinaceus supra humerum et deinde in capite adstitit. Suet., Vitell., 9.

Page 1