Pudendum dictu. Id.. ibid
69 gaulois. Il nous apprend seulement que la religion se mêlait fortement à leur patriotisme; que Marie prenait les titres de dieu, de libérateur des Gaules1, et que la foule qui s'attachait à ses traces n'était pas moins exaltée dans sa foi pour le libérateur que dans son zèle pour . l'indépendance. Ce furent les nobles éduens et l'élégante jeunesse d'Augustodunum qui, pleins de mépris pour cette multitude crédule et grossière, se chargèrent d'en venir à bout - : Vitellius ajouta à leurs forces quelques cohortes. Sans discipline et presque sans armes, les compagnons de Marie furent aisément battus et dispersés; le chef, pris vivant et livré à Vitellius, fut exposé aux bêtes dans un de ces spectacles dont l'Empereur se récréait à Lugdunum et à Vienne. Les bêtes refusèrent de le dévorer, et déjà la multitude s'écriait qu'il était invulnérable, quand Vitellius le fit massacrer par ses soldats3. Néanmoins, pour beaucoup d'esprits, la mission divine de Marie parut mise hors de doute.
Enfin Vitellius franchit les Alpes, et chemina lentement vers Rome, au milieu de son armée. L'aspect de cette armée avait quelque chose d'ennemi et d'humiliant pour des yeux romains : d'abord l'immense quantité de volontaires transalpins, puis les légionnaires presque aussi étrangers à l'Italie que les Gaulois mêmes; leurs grandes et longues piques, les peaux de bêtes dont ils avaient les épaules couvertes, leur accent rauque et dur, les faisaient ressembler plutôt à des barbares qu'à des
1. Assertor Galliarum et deus, nomen id sibi indiderat. Tac, Hist., n,61.
2. Gravissima civitas, electa juventute, adjectis a Vitellio cohortibus fanaticam multitudinem disjecit. Id., ibid.
3. Quia non laniabatur, stolidum vulgus inviolabilem credebat, donec, spectaate Vitellio, interfectus est. Id., ibid., 61.