Tac, Hist., u, G
4. Reddita civitatibus Gallorum auxilia, ingens numerus... Id., ibid., 69.
69 les renvoya ou dans leurs foyers ou dans le camp d'Hordéonius : il songea ensuite à se défaire des Bataves. La quatorzième légion, dont ces indomptables cohortes avaient fait partie, se trouvait alors en Italie pour la cause d'Othon. Vitellius, à qui elle était justement suspecte, l'envoya dans l'île de Bretagne, en lui adjoignant pour la contenir ses anciens auxiliaires; et de peur qu'elle n'allât se réunir aux Viennois, qui recommençaient à remuer *, il lui fit prendre la route des Alpes Graïes. Les premières journées furent assez calmes; mais à Augusta des Taurins, un Batave ayant maltraité un artisan en le traitant de fripon2, un légionnaire, hôte de celui-ci, prit sa défense. Chaque soldat venant à s'attrouper autour de son camarade, des injures en passa aux coups; et le massacre eût été horrible, si une division de prétoriens, prenant fait et cause pour la légion, n'eût imposé aux Bataves. Les cohortes restèrent dans Augusta, la légion partit la nuit suivante, et les feux qu'elle laissa allumés causèrent l'incendie d'une partie de la ville. Parvenue au delà des Alpes, elle délibéra si elle ne marcherait pas à Vienne; les plus exall<;s dirigeaient déjà les enseignes de ce côté, lorsque de plus sages conseils l'emportèrent3.
Quant aux Bataves, rappelés par l'Empereur, puis renvoyés définitivement en Gaule4, ils arrivèrent jusle à point pour prendre part à une grande révolution qui s'y préparait.