‹ Histoire de La Gaule, sous la domination romaineChapitre 397 sur 454 · LIVRE IX. — CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

LIVRE IX. — CHAPITRE IL

tenter la fortune, et il déploya à la cour de Néro'n toutes 69 les ressources de son vaste génie, si étrangement mêlé de bien et de mal. Ses intrigues et ses talents réussirent à le porter au sénat, d'où il se fit chasser bientôt avec ignominie pour complicité dans un faux testament. Galba le réhabilita, lui rendit sa charge, et lui donna même le commandement de la légion de Pannonie. Après la mort de Galba, il offrit ses services à Othon, qui les dédaigna. Négligé également par Vitellius, il résolut d'avoir un empereur qui lui dût beaucoup pour en obtenir beaucoup , et osa proclamer Vespasien , aux portes mêmes de l'Italie : sa détermination jeta un grand poids dans les destinées de l'Empire1. Brave et hardi, d'une éloquence tour à tour entraînante et insidieuse, habile artisan de discordes et de séditions, avide de trésors qu'il savait prodiguer au besoin, Primus était dans la paix un détestable citoyen, dans la guerre un chef précieux 2. Aussitôt qu'il se fut déclaré, il entra en correspondance avec Hordéonius Flaccus, ennemi secret de Vitellius; il écrivit aussi au Batave Civilis, dont il connaissait et le caractère entreprenant et l'autorité toutepuissante chez les siens; il l'engageait, au nom de Vespasien et de son parti, à susciter en Germanie quelques troubles qui empêchassent les légions rhénanes, ardentes vitelliennes, de se rendre en Italie au secours de leur empereur 3, et qui continssent en même temps la Belgique. Hordéonius fit de vive voix à Civilis les mêmes recommandations, et par un effet de son inclination pour Vespasien, et par intérêt pour la république

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