Pace pessimus, bello non spernendus. Id., ibid
3. Avertere accita Vitellio auxilia, et tumultus germanici specie retentare legiones. Id., ibid., îv, 13.
menacée d'une ruine prochaine, si la guerre se renouvelait et que tant d'armées envahissent de nouveau l'Italie.
Civilis accepta avec transport la mission de susciter des ennemis aux Romains, et, renfermant dans son cœur de vastes projets, qu'il se réservait de développer selon l'événement, il se mit aussitôt à l'œuvre. Vitellius avait ordonné des levées parmi lesBataves. Toujours odieuses par elles-mêmes, ces levées l'étaient encore davantage par l'avarice et la dissolution des préposés, qui recrutaient des vieillards et des infirmes, afin qu'ils se rachetassent à prix d'argent ; un motif encore plus infâme les portait à lever des jeunes gens au-dessous de l'âge requis pour porter les armes. Toute la nation était indignée, et les émissaires de Civilis, apostés pour souffler le feu de la sédition, persuadèrent sans peine aux Bataves de refuser l'enrôlement. Civilis lui-même, sous le prétexte d'un grand festin, rassembla dans un bois sacré les premiers de la noblesse et parmi le peuple ceux qui se signalaient par plus d'ardeur et de bravoure. Là, quand la nuit et la joie eurent commencé d'exalter les têtes, il harangua ses convives, relevant d'abord l'ancienne gloire de la nation, puis énumérant tout ce qu'elle avait à souffrir sous le joug romain, insultes, rapts, brigandages : « Nous ne sommes plus, comme « autrefois, des alliés, s'écriait-il ; on nous traite comme « de vils esclaves : tantôt c'est le lieutenant qui arrive « avec la ruine de son cortège et l'insolence de son « pouvoir; tantôt ce sont les préfets et les centurions « dont nous sommes la proie; ensuite, quand nos « oppresseurs se sont bien rassassiés de nos dépouilles « et de notre sang, on les change, et ce sont de nou- « veaux gouffres que doivent remplir mille exactions