‹ Histoire de La Gaule, sous la domination romaineChapitre 403 sur 454 · Tac, Hist., iv · texte numérisé non relu

Tac, Hist., iv

69 l'augmentation de cavalerie, qui leur avaient été promises par Vitellius : « A ce prix seul, dirent-elles, nous « passerons en Italie. » Hordéonius leur accorda une partie de leurs demandes, s'iinaginant les calmer-, mais il ne fit que les rendre plus intraitables et plus opiniâtres sur ce qu'elles savaient qu'il leur refuserait. Enfin, méprisant ses protestations et ses menaces, elles se mirent en route pour la Germanie inférieure, déclarant hautement qu'elles allaient joindre Civilis. A cet acte de révolte, Hordéonius, rassemblant les tribuns et les centurions de son armée, eut l'idée un moment de réprimer par la force la désobéissance des Bataves J; puis, cédant à sa pusillanimité naturelle et aux terreurs de son conseil, que remplissaient de perplexités les dispositions équivoques des Gaulois, il résolut de rester dans son camp. Il s'en repentit ensuite; et, sur les reproches de ceux mêmes qui avaient donné le conseil, il sembla vouloir sortir. Il écrivit à Hérennius Gallus, lieutenant de la première légion, qui campait à Bonn, de fermer le passage aux Bataves ; qu'il allait les poursuivre avec toutes ses forces. Et en effet ils étaient perdus, si Hordéonius et Gallus, marchant chacun de son côté, les eussent enveloppés; mais, revenant à sa timidité naturelle, le lieutenant impérial changea une troisième fois d'avis, et envoya contre-ordre à Gallus.

Pendant ce temps, les cohortes bataves approchaient de Bonn ; comme elles croyaient nécessaire encore de dissimuler, elles se firent précéder par un député chargé de dire à Hérennius « qu'il était loin de leur pensée de « vouloir faire la guerre aux Romains, pour qui elles a l'avaient faite si longtemps; que, lasses d'un service

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