‹ Histoire de La Gaule, sous la domination romaineChapitre 407 sur 454 · LIVRE IX. — CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE IX. — CHAPITRE II

les postes d'auxiliaires belges qu'il avait fallu disposer 69 tout le long du fleuve, pour en défendre les gués, ce qui diminuait encore les subsistances en multipliant les consommateurs. Ces esprits superstitieux attacb aient d'ailleurs des idées sinistres à la sécheresse qui tarissait les eaux, comme si les fleuves mêmes, ces vieilles barrières de l'Empire , commençaient aussi à l'abandonner1.

Cependant ils continuèrent leur route vers Vetéra; lorsqu'ils furent arrivés à Novesium2, ils rallièrent la seizième, et Hérennius Gallus, lieutenant de cette légion, fut associé à Vocula dans le commandement général. Ils se trouvaient alors très-près de l'ennemi ; mais, n'osant point marcher droit à lui, ils campèrent dans un lieu nommé Gelduba3. Là, les deux chefs s'attachèrent à raffermir le courage du soldat et à l'endurcir à la fatigue; et afin de l'animer encore par l'appât du butin, Vocula mena une partie de l'armée aux environs, sur le territoire des Gugernes, qui étaient entrés dans l'alliance de Civilis ; le reste demeura dans le camp sous les ordres de Gallus.

Par hasard, un navire chargé de blé s'était engravé non loin du camp : les Germains travaillaient à le tirer de leur côté ; Gallus ne le voulut pas souffrir, et il détacha une cohorte. Les Germains renforcèrent aussi leur détachement, et insensiblement de nouvelles troupes se joignant aux premières, on en vint à une bataille, et les Germains, après un grand carnage des légions, enlevèrent le navire. Alors les vaincus, suivant leur habitude,

1 . Tanquam nos amnes quoque, et vetera imperii munimenta desererent. Tac, Hist., iv, 26.

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