‹ Histoire de La Gaule, sous la domination romaineChapitre 408 sur 454 · Aujourd'hui Gelb · texte numérisé non relu

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69 accusèrent non leur propre lâcheté, mais la perfidie du commandant : ils l'arrachent de sa tente, ils mettent ses vêtements en pièces, ils l'accablent de coups, ils le somment de déclarer ses complices et le prix auquel il a vendu l'armée. Leur fureur contre Hordéonius se réveille alors. Ils le nomment l'auteur du crime, l'autre n'en est que l'instrument : enfin, épouvanté de toutes les menaces qu'on faisait de le tuer, Gallus en vint à reprocher lui-même de la trahison à Hordéonius. Gallus, jeté en prison, n'en sortit qu'à l'arrivée de Vocula. Celui-ci, dès le lendemain, eut assez d'autorité pour faire mettre à mort les provocateurs de la sédition, tant cette armée offrait un contraste bizarre de soumission et de licence I Le simple soldat était dévoué à Vitellius ; tout ce qui avait un grade penchait pour Vespasien : de là cette alternative de crimes et de supplices, et ce mélange de fureur et d'obéissance 1.

La puissance du chef batave prenait un accroissement immense par l'adjonction de la Germanie tout entière, et il employa ses nouveaux alliés à faire des courses sur les terres des Belges, amis de Rome. Les uns eurent ordre de tomber sur les Ubes et sur les Trévires ; les autres, de passer la Meuse et d'aller désoler les Ménapes, les Morins, et toute cette frontière de la Gaule. Les Germains traitèrent avec le plus d'animosité et de barbarie la nation ubienne, parce que, germaine d'origine, elle avait abjuré sa patrie au point d'adopter le nom romain de Colonie d'Agrippïne : ses cohortes furent taillées en pièces dans le bourg de Marcodurum *. En revanche, les Ubes n'eurent point de repos qu'ils

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