LIVRE IX —CHAPITRE II
divisions qui régnaient au camp romain, de la mésintelligence des chefs et des soldats, il forma le hardi projet de surprendre Vocula clans Gelduba. Il fit partir secrètement, sous la conduite de Julius Maximus et de Claudius Victor, fils de sa sœur, les vieilles cohortes bataves et l'élite des Germains, lui , restant au blocus de Vétéra. L'expédition enleva, en passant à Asciburgium \ les quartiers d'une division de cavalerie ; de là, elle fondit sur le camp de Vocula si brusquement, que celui-ci n'eut le temps ni de haranguer ses troupes, ni de développer ses lignes. Tout ce qu'il put faire dans une alarme si subite, fut de recommander qu'on fortifiât le centre en y postant les légionnaires ; quant aux auxiliaires, ils se jetèrent confusément sur les ailes. La cavalerie marcha en avant ; mais, reçue par un ennemi serré et en bon ordre, elle tourna le clos et se replia sur les légions. Ce fut plutôt une boucherie qu'un combat; les cohortes nervïennes, soit par peur, soit par défection, ayant laissé les flancs romains à découvert, les Bataves pénétrèrent jusqu'aux légions, qui, après avoir perdu leurs enseignes, se laissaient culbuter en dedans des retranchements, lorsque tout à coup un secours inattendu changea la face des choses. Des cohortes de Vascons2, enrôlées autrefois par Galba, et depuis envoyées comme renfort aux légions de Germanie, arrivèrent sur ces entrefaites ; ayant entendu le cri des combattants, elles hâtèrent le pas, tombèrent par derrière et à l'improviste sur la troupe de Claudius Victor, et mirent l'épouvante dans ses rangs ; les uns s'imaginant que c'était le corps de Novesium, les autres celui de Mogun-