‹ Histoire de La Gaule, sous la domination romaineChapitre 413 sur 454 · LIVRE IX. — CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE IX. — CHAPITRE II

le général romain ordonna de planter les enseignes et 09 d'établir un fossé et un rempart, afin que les soldats, déposant leurs bagages dans l'enceinte du camp, combattissent plus librement. A cet ordre, il s'éleva des rangs un cri terrible contre le général : les légionnaires demandaient le combat en menaçant. Sans prendre môme le temps de se ranger en bataille, tout en désordre et fatigués, ils commencèrent l'attaque. Civilis n'avait pas hésité à s'approcher, ne se fiant pas moins aux fautes de l'ennemi qu'à la valeur des siens. La fortune même se déclarait pour lui, lorsque les assiégés, qui voyaient tout du haut du rempart, sortirent à la fois par toutes les portes; et par hasard , Civilis ayant été renversé de cheval , on crut dans l'une et l'autre armée qu'il était blessé ou mort : ce bruit inspira autant de frayeur aux Bataves que d'ardeur aux Romains, et le siège fut levé l.

Cependant Vocula, au lieu de poursuivre les fugitifs, augmenta les fortifications de Vétéra, comme si ce camp eût été menacé d'un second siège. Tant de victoires qu'il gâtait le firent soupçonner de vouloir éterniser la guerre. Rien ne fatiguait autant les armées romaines que le manque de vivres. Les bagages des légions et la multitude des vivandiers et des valets furent envoyés à Novesium , d'où l'on devait ramener par terre des blés ; car l'ennemi était maître du fleuve. Le premier convoi passa tranquillement. Civilis n'était pas encore remis de sa chute, lorsqu'il sut qu'on en avait fait partir un second pour le même lieu , et que les cohortes chargées de le protéger marchaient, comme en pleine paix, les soldats clair-semés autour des enseignes, les armes dans les chariots, tous courant de côté et d'autre; il les

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