‹ Histoire de La Gaule, sous la domination romaineChapitre 419 sur 454 · LIVRE IX. — CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

LIVRE IX. — CHAPITRE IL

elle portait : pour l'empire des Gaules 1. Il fit ensuite des 69 promotions; entre autres, il éleva aux premiers grades l'assassin de Vocula ; les plus zélés dans la cause gauloise furent tous généreusement récompensés. Il partagea alors avec Tutor la conduite des opérations ultérieures. Tutor investit brusquement la colonie Agrippinienne, ainsi que les garnisons des forts du haut Rhin , et il les contraignit successivement à prêter serment à la Gaule. Le préfet du camp et les tribuns cantonnés à Moguntiacum s'y étant refusés, Tutor fit chasser le premier et tuer les seconds. Restait encore l'armée du bas Rhin, principalement Vétéra, que Givilis assiégeait toujours. Classicus y envoya des légionnaires assermentés à la Gaule, les chargeant de promettre merci aux assiégés, s'ils imitaient la conduite de leurs compagnons, sinon point de quartier : ils seraient voués au glaive, à la famine, aux plus horribles extrémités ; les députés ajoutèrent à ces menaces l'autorité de leur propre exemple. Les assiégés étaient cruellement partagés entre la fidélité à leurs drapeaux et le besoin le plus impérieux : pendant que dura leur indécision, les aliments de toute espèce achevèrent de leur manquer. Ayant consommé les bêtes de somme et les chevaux, ils se rejetèrent sur les animaux les plus dégoûtants, dont la nécessité leur fit une ressource ; enfin, réduits à manger des branches, des racines d'arbres, et l'herbe qui croissait entre les pierres des retranchements, ils députèrent vers Givilis pour demander la vie. Avant de vouloir rien entendre, les chefs gaulois insistèrent pour qu'ils jurassent obéissance à l'empire des Gaules2, et Givilis se réserva le

1. Juravere qui adorant pro imperio Galliarum, Tac, Hist., iv, 59.

2. Ncquc ante preces 'admissoe, quam in verba Galliarum jurarent. ld., ibid., 00.

69 pillage du camp. Tout fut accepté et les Romains obtinrent de partir. Civilis leur donna des gardes qui retinrent l'argent, les valets, les bagages, et qui, après les avoir ainsi dépouillés, les suivirent encore. A cinq milles environ, pendant qu'ils marchaient sans précaution, ils furent attaqués brusquement par les Germains ; les plus braves se firent tuer sur la place ; beaucoup périrent dans la fuite ; les autres regagnèrent le camp. Civilis se plaignit fortement, et fit aux Germains des reproches vifs et publics. Y eutril perfidie de sa part? y eut-il impuissance de contenir ces hommes sauvages irrités par une longue résistance? C'est ce qui ne fut point éclairci. Le camp pillé, les Germains y mirent le feu, et tous ceux qui avaient survécu au combat furent la proie des flammes.

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