‹ Histoire de La Gaule, sous la domination romaineChapitre 427 sur 454 · Froutiu., Sti'atug., iv, i · texte numérisé non relu

Froutiu., Sti'atug., iv, i

entendre qu'à nous de tous les dire. Lorsque les généraux de Rome entrèrent sur votre territoire et dans les autres contrées de la Gaule, ce ne fut par aucun esprit de cupidité; ils y vinrent à la prière de vos ancêtres que fatiguaient des dissensions meurtrières, et parce que les Germains, que vous aviez appelés à votre secours, avaient réduit indistinctement à l'esclavage et leurs alliés et leurs ennemis. Je ne parlerai point de tous nos combats contre les Ciinbres et les Teutons, des grands exploits de nos armées et du succès de nos guerres avec les Germains, ils sont assez connus; et si nous nous sommes fixés sur le Rhin, ce n'a pas été pour protéger l'Italie, mais de peur qu'un nouvel Arioviste ne s'élevât encore sur vos tètes1. Croyez-vous que. vous serez plus chers à Civilis et aux Bataves, et à tous ces peuples dont le Rhin vous sépare, que vos ancêtres ne Tétaient aux ancêtres de ces mêmes nations? Les mêmes motifs d'invasion subsisteront toujours pour les Germains, l'amour de vos femmes et de vos biens, le désir de changer de lieu; et toujours on les verra déserter leurs solitudes et leurs marais pour se jeter sur ces Gaules si fertiles, pour asservir et vos champs et vos personnes. On vous éblouit aujourd'hui des beaux noms de liberté, d'affranchissement, mais jamais on n'ambitionna la gloire d'asservir et de dominer, qu'on n'ait couvert son ambition d'un semblable voile.

« Il y eut toujours des tyrans et des guerres dans les Gaules jusqu'au moment où vous acceptâtes nos lois, et nous, quoique trop fréquemment insultés, tout ce

i. Nec ideo Rhenum insedimus, ut Italiani tueremur, sed ne quis alius Àriovistus reguo Galliarum potiretur. Tac, Hist., iv, 73.

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