‹ Histoire de La Gaule, sous la domination romaineChapitre 45 sur 454 · LIVRE V. — CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE V. — CHAPITRE II

« nous serons assez nombreux et assez puissants, ô juges, 69 « pour combattre, sous vos auspices, leur odieuse et « atroce barbarie l . »

11 va plus loin : il leur dénie le droit de porter témoignage. « lndutiomar sait-il ce que c'est qu'un serment2? « N'a-t-ilpas puisé le jour au sein d'une race sacrilège, « en guerre avec la Divinité? Ses aïeux n'ont-ils pas dé- « pouillé le temple d'Apollon Pytliien? Ne sont-ils pas « venus assiéger, jusque dans ce Gapitole, Jupiter qui « préside à la foi de nos serments? Enfin, que peut-il « exister de saint et de sacré pour des hommes qui, même « jusqu'aux pieds de leurs dieux, quand la frayeur les y « précipite, souillent leurs autels de victimes humaines « et ne peuvent rendre hommage à la religion qu'en la « profanant par le crime? Quelle est la bonne foi, quelle « est la piété de ces peuples qui s'imaginent que les « dieux immortels s'apaisent par des forfaits et par le « sang humain3? » En prononçant ces paroles, l'orateur oubliait qu'elles pouvaient retentir, damsleforumboariv/m, sur cette pierre funeste, sur ce sépulcre de tant de Gaulois ensevelis vivants.

Répondant ensuite aux craintes que les députés faisaient concevoir touchant la tranquillité de la Province, Ciceron s'efforce d'exciter contre eux la colère de la multitude ; il récapitule avec ironie tous les souvenirs qui pouvaient blesser des cœurs gaulois; il îles menace, et leur jette même une sorte de défi de guerre.

1. Infestis prope signis inferuntur... nos vero... isti immani atque intolerandae barbariœ resistemus. Cic, pro Fonteio.

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