Cic, pro Val. Flacco
2. In qua provincia mortuorum testaments conscripsit, pupillos necavit, nefarias cum multis scelerum pactiones societatesque conflavit. Id., Harusp. resp., 42.
63 un trafiquant romain, nommé Umbrénus, qui, ayant fait le commerce quelques années dans la Province, en connaissait tous les hommes marquants1. Il leur demande des nouvelles de leurs affaires , les écoute avec intérêt, les plaint : « Quelle espérance avez-vous, leur dit-il, de « sortir de tant de maux? — Aucune, répondent les Allo- « broges, si ce n'est la mort2. » Alors Umbrénus se répand en invectives contre la dureté du sénat, contre la rapacité des patriciens-, il a, ajoute-t-il, quelques amis justes et honnêtes, il veut les faire agir auprès des consuls et du sénat; il va, vient, et paraît solliciter avec chaleur; enfin il annonce aux députés que toute démarche a été inutile, que le sénat est sans pitié, que leur ruine est consommée. « Oh! si vous étiez gens de cœur, « ajouta-t-il , je vous indiquerais bien un remède à tout « cela3; mais ce remède demande du courage et de la « discrétion. » Les Allobroges protestent qu'il n'est point d'entreprise si périlleuse où ils ne soient prêts à s'engager; ils conjurent Umbrénus de leur révéler le secret qui peut les sauver. Après quelques difficultés simulées, le trafiquant les conduit dans la maison d'une dame, nommée Sempronia, non moins fameuse dans Rome par sa naissance, son esprit et sa beauté, que par le dérèglement de ses mœurs. Ils y trouvent quelques jeunes gens d'un nom et d'un rang distingués, connaissances d'Umbrénus. Là fut exposé aux députés gaulois le plan d'une conspiration, où trempaient un grand nombre de
1. Umbrénus, quod in Gallia negotiatus erat, plerisque principibus civitatum notus erat, atque eos noverat. Sali., Catil., 40.
2. Auxilii nihil esse; niiseriis suis remedium mortem expectare. Id., ibid.
3. At ego vobis, si modo viri esse vultis, rationem ostendam, qua tanta mala ista effugiatis. Id., ibid.